Gudule, c'est ma plante de bureau. C'est aussi la compagne de Norbert, ma seconde plante de bureau.
Gudule, seconde du nom, est une kalanchoé née en 2014 tandis que Norbert est un Dracaena Marginata, né à une date inconnue. Ensemble, ils attendent un bébé-plante de bureau (comprendre qu'ils l'auront quand la propriétaire schizo aura trouvé la perle rare).
Gudule en voit des vertes et des pas mûres. Elle râle, partage ses bons plans & astuces, écrit beaucoup, voyage un peu... Elle bricole aussi. Elle n'est ni vraiment écolo, ni vraiment bobo, ni vraiment fashion, ni vraiment féministe... Elle tente juste d'avoir la tête sur les épaules... Un peu.
Bref, bienvenue dans le bazar de Gudule! (parce qu'on s'en moque de Norbert, il parle pas).
«Un jour, les femmes domineront le monde, mais pas aujourd’hui : c’est les soldes !»
En rose parce que c'est cliché. Et perso, je préfère la version rôliste...
C'est la fête, les filles! Comme tous les six mois, nous entrons dans la période bénie des clichés humoristiques sur les soldes. Les médias s'en donnent à cœur joie, imaginant déjà les combats de fille dans la boue avec de grands gémissements érotisant...
Le tout sous le regard excité de ces messieurs turgescents qui font le plein de fantasmes pour six mois encore.
A croire que des pseudos réductions font perdre tout sens commun aux femmes dont l'unique objectif est de faire flamber la carte bleue pour avoir plein d'affaires... Les médias sont aux cent coups pour parvenir à avoir l'article de trucs et astuces afin de permettre à ces dames dans leur quête du Saint Graal.
Ouaip plus de 1600 j'aime pour ce savoureux sexisme.
Virgin Radio s'est fendu d'un article pour les 10 situations à laquelle on ne peut échapper au premier jour des soldes. Admirons ces femmes bien vêtues, un peu hystériques, prêtes à se faire une double entorse de la cheville en courant vers les bonnes affaires.
Et quand elles ont trouvé ce qu'elles voulaient en pensant faire des bonnes affaires... Le tout, toujours sous ce regard paternaliste et réducteur des représentants de la gente masculine, bien contents de pouvoir vanner les gonzesses sur une "réalité"...
Humour, humour...
Donc, voilà. Je ne suis pas contente. Pas contente parce que la première phrase d'un pote, mercredi ça a été:
« Tu vas faire les soldes? »
De fait, je devais y aller pour me prendre une robe. Quand on a perdu une taille de pantalon en un mois, on se rachète au moins une jupe ou une robe pour ne pas crever cet été. Je tiens à dire que la première personne qui hurle comme quoi je suis hypocrite, je le fais retourner à l'état de spermatozoïde protozoaire (ça veut rien dire mais j'aime bien).
Reste que ma robe achetée, j'vais pas y retourner ce Week-end. Ni les autres d'ailleurs. J'ai autre chose à foutre que d'avoir envie de trucider tous les représentants de l'humanité stéréotypés.
Parce que n'oublions pas que:
Mais en même temps, cela fait quelques décennies que c'est comme ça... J'en veux pour preuve ces extraits du Bonheur des Dames de Zola:
« Tout entières obsédées par le paraître, les femmes constituent des proies faciles. Et l’on comprend mieux les imprécations de certains moralistes de l’époque, qui reprochaient aux grands magasins de briser les ménages ! »
« Mouret avait l'unique passion de vaincre la femme. Il la voulait reine dans sa maison, il lui avait bâti ce temple, pour l'y tenir à sa merci. C'était toute sa tactique, la griser d'attentions galantes et trafiquer de ses désirs, exploiter sa fièvre. Aussi, nuit et jour, se creusait-il la tête, à la recherche de trouvailles nouvelles. Déjà, voulant éviter la fatigue des étages aux dames délicates, il avait fait installer deux ascenseurs, capitonnés de velours. Puis, il venait d'ouvrir un buffet, où l'on donnait gratuitement des sirops et des biscuits, et un salon de lecture, une galerie monumentale, décorée avec un luxe trop riche, dans laquelle il risquait même des expositions de tableaux. Mais son idée la plus profonde était, chez la femme sans coquetterie, de conquérir la mère par l'enfant ; il ne perdait aucune force, spéculait sur tous les sentiments, créait des rayons pour petits garçons et fillettes, arrêtait les mamans au passage, en offrant aux bébés des images et des ballons. Un trait de génie que cette prime des ballons, distribuée à chaque acheteuse, des ballons rouges, à la fine peau de caoutchouc, portant en grosses lettres le nom du magasin, et qui, tenus au bout d'un fil, voyageant en l'air, promenaient par les rues une réclame vivante ! »
« Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu'elle finit fatalement par aller au bruit. Du reste, il lui tendait des pièges plus savants, il l'analysait en grand moraliste. Ainsi, il avait découvert qu'elle ne résistait pas au bon marché, qu'elle achetait sans besoin, quand elle croyait conclure une affaire avantageuse ; et, sur cette observation, il basait son système des diminutions de prix, il baissait progressivement les articles non vendus, préférant les vendre à perte, fidèle au principe du renouvellement rapide des marchandises. Puis, il avait pénétré plus avant encore dans le cœur de la femme, il venait d'imaginer « les rendus », un chef d'œuvre de séduction jésuitique. « Prenez toujours, madame : vous nous rendrez l'article, s'il cesse de vous plaire. » Et la femme, qui résistait, trouvait là une dernière excuse, la possibilité de revenir sur une folie : elle prenait, la conscience en règle. »
Imaginez votre plante verte préférée qui, après sa journée de boulot, dans un bureau gentiment chauffé jusqu'à 33° voir plus à partir de 15h, a fait ses courses.
Un vendredi soir. Dans le plus grand centre commercial de France.
Tout à fait. Parce que c'est fun, qu'elle a besoin de voir du monde et qu'elle est complètement tarée, maso et perchée. Ou parce qu'elle a besoin de trucs hyper précis. Bref, elle y passe une heure trente mais c'est déjà trop. L'endroit a beau être climatisé, y'a du monde. Et le monde, bah ça donne de la chaleur.
Ceci dit, il fait toujours plus frais qu'à l'extérieur. Quand elle sort de là, pan le choc thermique lui tombe du côté du crâne. Attendre le tram dans un lieu qui semble concentrer toute la chaleur de la ville des Lumières... Entrer dans le tram et... Bah pas de clim.
Bref, tout cela pour dire que la plante verte, elle est un peu décoiffée, très transpirante (amis du glamour bonjour), pas maquillée, fatiguée...
Quand soudain, le prince! Le mec qui croit que toutes les filles vont tomber à ses pieds et lui lécher entre les orteils après une journée de randonnée.
Il se pose près de la plante verte qui bulle. Lui parle mais elle l'écoute pas. Et puis finalement, des mots arrivent aux tympans verdoyants:
"Je vais te péter la barrière de corail."
Exactement. La barrière de corail. Pas besoin de sortir de polytechnique pour savoir de quoi ce chantre de la délicatesse parlait. Surprise, Gudule le regarda pour simplement demander:
"Pardon?"
Fier de lui, le sieur répéta. Et Gudule, sceptique, lui demanda clairement si c'était un pari débile. Ce à quoi, elle eut comme réponse.
"Bah non... Je vais te péter la barrière de corail et tremper dans ta sauce soja!"
N'en déplaise aux Asiatiques, Gudule n'a pas les yeux bridés. En amende à la rigueur mais il ne faut pas pousser maman plante verte dans les orties.
Pour sa défense, Gudule a éclaté de rire. Ce qui lui a valu un élégant:
"Salope! Pour une fois que tu pouvais baiser vu ton poids. [...] Il te manque un mec pour t'apprendre..."
La réponse a fusé, directement.
"J'irai demander à ta mère."
Ah les mamans, dès qu'on les touche... Gudule doit sa sauvegarde à un gentil sauveteur. Parce que personne n'aurait bougé.
Personnellement, j'ai encore des doutes quant à savoir s'il se foutait pas de ma gueule. Parce que j'entendais des rires derrière moi.
Bref, c'était la drague du vendredi. Je ne dis pas qu'il y en aura toutes les semaines mais sait-on jamais.
« Pouvez-vous tenir en laisse ces animaux sauvages qu’on
appelle élèves dans votre école ? »
Cour de récréation: Lieu délimité, en plein air, dans un établissement scolaire, où les élèves peuvent se détendre lors des récréations. Récréation: Occupation, exercice qui fait diversion au travail et qui sert de délassement.
Ces définitions données, nous pouvons entrer dans le vif du sujet concernant une actualité qui fait quelques vagues ces derniers jours:
Des attouchements sexuels dans une cour de récréation d'un collège.
La nouvelle est tombée hier: 5 ados de 10 à 11 ans ont été sanctionnés pour des attouchements envers des filles de leur classe. Tous sont scolarisés dans le très huppé Collège Montaigne à Paris (6ème arrondissement).
Et comme toujours, quand les adultes se réveillent, c'est le drame, la catastrophe, l'apocalypse... La faute à qui?
Au porno, évidemment!
Non parce que le porno, c'est vilain pas beau. Encore pire sur téléphone! Bah ouais, parce que les mecs avaient maté du porno (sisi à 10 et 11 ans) sur leur portable durant la récré... Je me souviens au collège, je jouais au foot dans la cour de récré avec mes potes... Enfin, autre époque je présume.
La question de l'éducation, elle est passée où? Bah probablement en vacances près de la Méditerranée à l'occasion du pont de l'Ascension... A moins qu'elle se soit noyée dans une culture du viol qui devient de plus en plus visible... Enfin, encore plus que d'habitude.
Le problème est donc autre que l'éducation. Ce sont le portable et le porno qui sont les démons à exorciser à coup de déclarations médiatiques et démagogiques en ces temps de pré-pré-période électorale. A l'heure d'aujourd'hui, la palme du César de la déclaration la plus « lediableestdansnospochesilfautl'interdire » revient à M.Bayrou François de son petit nom:
Voici, en quelques lignes, la transcription de son intervention:
« Interdire les portables dans l’enceinte des collèges
et des cours de récréation. En tout cas, s’assurer qu’ils soient éteints et
dans les cartables [...] On sait très bien que les vidéos pour adultes sont en
réalité très répandues parmi les plus jeunes enfants [...] Il suffit de prendre des mesures de bon sens, qui
sont des mesures de pères et de mères de famille pour au moins réduire les
risques de ce genre d’attitude ou de dérive »
Petit scoop: les téléphones sont déjà interdits dans la majorité des règlements intérieur des établissements scolaires. Il est humainement impossible de s'assurer qu'un téléphone est éteint et qu'il est présent dans le cartable des élèves pour diverses raisons:
Pas assez de personnel: un AED par élève, c'est pas possible. Un établissement de 600 élèves ne dispose que de 5 AED en plein temps de manière générale.
Fouiller un élève au corps ou ne serait-ce que son cartable est légalement impossible. Il faudrait, au minimum, un CPE pour effectuer la fouille. Et avec les accusations d’attouchement pédophiles... Il faudrait bien un représentant des forces de l'ordre pour faire cela... Les parents sont d'ores et déjà prêts à gueuler à la dictature...
Les élèves sont très au fait leurs droits (et pas de leurs devoirs, étrangement)... Merci à l'Education Nationale.
Passée cette mise au point, j'aimerai m'attarder sur... « Il suffit de prendre des mesures de bon sens, qui
sont des mesures de pères et de mères de famille pour au moins réduire les
risques de ce genre d’attitude ou de dérive ».
En résumer, pour M.Bayrou, réduire l'accès au porno et interdire le téléphone dans la cour de récré, c'est pile poil la solution pour réduire le risque de problème.
En définitive, il ne s'agit que de déplacer le problème et de se voiler la face. Comme le dit ma mère, c'est un emplâtre sur une jambe de bois déjà rongée par les vers.
Pourquoi? Simplement parce que les parents n'ont humainement pas le temps de se tenir au goût du jour en matière de nouvelles technologies liées au contrôle parental. Mais, surtout, pour une foutue bonne question:
Vous croyez que parce qu'ils ne peuvent pas faire une chose à un endroit, ils ne vont pas le faire ailleurs?
Non parce que c'est vrai quoi... Un gamin, tu lui interdis une chose, il pense que c'est interdit partout. Un adolescent, c'est très con, ça croit tout ce qu'on lui dit.
Il faut dire que c'est aussi super compliqué d'éduquer les mioches. Cela prendrait trop de temps à la société.
Bref, comme pour le harcèlement scolaire, il a fallu un cas médiatisé pour que tout le monde se réveille et monte sur ses grands chevaux. Mais voilà, le cas Montaigne n'est pas, et n'a jamais été, un cas isolé.
Malheureusement, comme toujours, si l'on n'entend pas parler de plus de cas, c'est exactement pour les mêmes raisons que quand cela concerne le viol des adultes: les victimes ont honte, on ne les écoute pas, on les juges... Pire, chez les enfants/adolescents, les parents refusent de concevoir que le fruit de leur coït est capable de se rendre coupable d'agression sexuelle.
Bah ouais, Jean-Kévin, même s'il mate les vidéo porno de papa et maman, il est si innocent, si pur, si parfait... il ne peut pas essayer de faire la même chose dans la vraie vie. D'ailleurs, c'est faux. Il ne regarde que les bisounours en version censurée et il croit encore au père Nowel.
N'en déplaise à nos grands penseurs du XXIème siècle, les gamins du primaire ne sont que très rares à avoir vu du porno et sont un peu plus à avoir un smartphone... Alors comment expliquer les cas d'agression sexuelle?
Voici quelques réactions issues des commentaires des sites d'information:
On passera les fautes d'orthographe, hein...
Dépravation: Vice de quelqu'un, de quelque chose, qui a de mauvaises mœurs, qui est sans moralité.
Un enfant a-t-il une morale? vous avez 5 heures.
Ceci dit, voici mes préférés:
La culture du viol est vraiment fascinante, tout de même... vous ne trouvez pas?
En lisant ces commentaires, j'ai eut envie de vomir. Comment expliquer le consentement à des gosses quand les adultes sont aussi vomitifs? Comment leur dire que ce qu'ils ont fait est mal quand la seule chose importante est un foutu téléphone portable?
A mon sens, le porno et le portable ne sont pas les diables de demain ni d'aujourd'hui d'ailleurs. Comme le dit si justement Clémence Bodoc sur Madmoizelle:
« C’est la faute au porno » est le nouveau « c’est la faute aux jeux vidéos »
Le problème, c'est l'éducation. Le consentement et le respect mutuel ne sont pas des illusions, des principes désuets qui ne servent à rien.
Malheureusement, c'est un peu mal barré. La sexualité reste frappée d'anathème. Un peu comme avant la libération sexuelle mais de manière plus pernicieuse. Peu de parents, malgré tous leurs idéaux, ne parlent réellement de sexe avec leurs chères têtes blondes.
Qui va expliquer aux Jean Kevin et aux Mohamed (ouais ouais ouais, taxez moi de raciste pour avoir utilisé ce prénom) que le porno c'est pas la réalité. Que non les femmes n'aiment pas se faire plaquer contre un mur sans son autorisation. Que tripoter ou être tripoter sans accord n'est pas socialement et moralement acceptable?
Qui suis-je pour reprocher, finalement, à des gamins de ne pas parvenir à faire la part des choses quand les parents refusent de les aider à le faire sous prétexte qu'ils sont trop jeunes/innocents et que le sexe c'est caca mais qui leur demande d'être adulte et d'arriver à prendre du recul vis à vis du matraquage médiatique?
Qui suis-je pour reprocher à des gamins de ne pas savoir quelque chose quand les parents et l'Education Nationale refusent de leur octroyer un semblant d'intelligence?
« Les inégalités, le non-respect, les violences s’invitent au sein de l’école, donc il faut bien que les professionnels de l’Éducation nationale puissent répondre à ce défi, puissent apprendre à leurs élèves à grandir dans le respect et dans l’égalité entre les sexes, loin des stéréotypes et loin des images pornographiques qu’ils voient circuler sur internet » Najat Vallaud-Belkacem
A méditer.
PS: Je vous invite à lire le sujet sur Madmoizelle que j'ai mis en lien un peu plus haut. Il m'a servit à élaborer ce billet, notamment au niveau réflexion.
Logo de ce groupe. Il représente à la fois l'initiation du nom du groupe en ukrainien, les seins des femmes... Le tout avec les couleurs du drapeau ukrainien (merci Wiki).
Depuis quelques années, on entend souvent parler de ces femmes qui se trimbalent la poitrine à l'air pour manifester sur pas mal de choses... A la base, c'est pour le droit des femmes mais cette "lutte" a poussé le groupe à s'impliquer ailleurs: religion, corruption... Bref, tout semble bon pour elles.
Vous l'aurez compris: je n'aime pas les Femen.
Notamment parce qu'elles se veulent « sextrémistes » aka féministes radicales... Pour la petite explication, c'est un courant qui part du principe qu'il existe une oppression systématique des femmes au bénéfice des hommes. Autant dire que, pour moi, ce n'est pas du féminisme version 2.0 ou 2015 ou même comme je l'entends personnellement.
Au contraire, leurs actions sont très loin d'aider le féminisme actuel et ne font qu'accentuer les clichés sexistes concernant les féministes.
Se déclarant athées, antireligieuses, contre la laïcité (qu'elles considèrent comme un moyen d'accepter l'inacceptable), le mouvement est né en Ukraine en 2008 puis s'est propagé en Europe. A l'origine, le groupe avait pour but de défendre le droit des femmes suite à la Révolution orange. Le nom est lié au latin femen qui veut dire cuisse et non pas femme.
L'idée est de manifester (bien souvent) les seins nus ou nue afin que la nudité ne soit plus un synonyme d'exploitation sexuelle. Depuis... il est clair que si l'idée de base est restée, le combat pour le droit des femmes est devenu clairement extrémiste.
Je ne vais pas rentrer dans les polémiques et autres concernant le financement et le fonctionnement de ce groupe. Ce n'est pas le sujet. Non, le sujet est autre:
« le coup d'éclat du 1er mai 2015 »
Avant toutes choses, je rappelle que: je ne suis pas pour le FN, je n'approuve pas les lignes politiques et idéologiques de ce mouvement... etc etc etc ... Ce n'est pas une apologie du FN que je compte faire. Je pourrai parler de la contre-productivité des discours "anti FHaine" du moment mais tel n'est pas sujet.
Je pourrai aussi épiloguer sur la cérémonie du 1er mai du FN...
Mais non. Ce qui me choque ce n'est pas le fait que l'on interrompe une cérémonie de ce type mais c'est surtout ça:
Merci MetroNews
Etrangement, parce que c'est le FN, parce qu'elles ont été surprise d'avoir été... "agressées" par le service d'ordre, parce qu'elles sont fières d'avoir fait taire le discours, parce qu'elles ont été insultées... Personne n'est choqué de ce genre d'action.
-Mais parce qu'elle est en train de devenir le führer de la Nation... »
On notera la méconnaissance de l'Histoire Contemporaine... parce qu'il y a encore un monde entre Hitler et Marine LePen...
«Sa politique n'est pas démocratique... Elle veut... Elle veut... Elle veut... »
On notera la méconnaissance de ce qu'est la démocratie ainsi que ce qu'est le système politique actuel en France.
«Qui a été violent aujourd'hui? Nous on a été d'aucune violence, on a utilisé des symboles...»
Je suis pas sûre d'avoir la même définition de la violence. Cette dernière a été indubitablement des deux côtés. L'une a été verbale, l'autre a été "symbolique" dans le sens où il y a eut un véritable irrespect pour les victimes du régime nazi quelles qu'elles soient.
Pour la gouverne de tous ceux qui se glorifient de cette action:
« Est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe le fait, sauf pour les besoins d'un film, d'un spectacle ou d'une exposition comportant une évocation historique, de porter ou d'exhiber en public un uniforme, un insigne ou un emblème rappelant les uniformes, les insignes ou les emblèmes qui ont été portés ou exhibés soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle en application de l'article 9 du statut du tribunal militaire international annexé à l'accord de Londres du 8 août 1945, soit par une personne reconnue coupable par une juridiction française ou internationale d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité prévus par les articles 211-1 à 212-3 ou mentionnés par la loi n° 64-1326 du 26 décembre 1964.» (Article R645-1 du Code Pénal)
« Toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l'identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés.
Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure.» (Loi du 29 Juillet 1881 sur la liberté de la presse)
Personnellement, je m'interroge sur une chose... Si les Femen sont une organisation qui se veut antireligieuse, cela veut dire qu'elle est aussi... anti-juive?
Mais passons à la remise en question de cette action:
Pour rappel, voici la Loi Godwin:
« Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. » (Merci Wiki)
Il est communément admit que quand un adversaire ne sait pas vraiment quoi répondre, utiliser la loi de Godwin est plus qu'utile.. et on tombe dans le reductio at Hitlerum:
« Reductio ad Hitlerum est une expression ironique désignant, sous forme de locution latine, le procédé rhétorique consistant à disqualifier les arguments d'un adversaire en les associant à Adolf Hitler ou à tout autre personnage honni du passé. Plus généralement, le procédé consiste à assimiler l'adversaire ou ses arguments à des idées, philosophies, idéologies détestées, par exemple en les qualifiant de nazies ou de fascistes.»
Doit-on en déduire que l'on ne sait pas contre argumenter face aux discours du FN ?
On dirait bien... Autant dire que ce coup d'éclat de la part de ces extrémistes qui n'ont de féministes que le nom est un pur échec en terme d'idéologie, de rhétorique et de crédibilité...
Temps Réel - Harpies Obscènes => le commentaire de Mme Picq me laisse sincèrement apeurée. Je ne suis pas féministe parce que je les critique? Merde alors!
« La pensée réduite à sa plus simple expression ou comment un tweet devient le révélateur des plus symptomatiques problèmes de notre société. »
Sophie de Menthon
Je vous le remets, histoire de ...
Il y a quelques jours, Mme de Menthon nous a gratifié de cette perle sans prix, digne de figurer aux Darwin Award de l'empathie, de la délicatesse et aussi de... mince comme ça s'appelle ce truc dont je ne dispose pas? Ah ouais! De la diplomatie!
Bref... Elle a quand même mit plus de 24h pour nous gratifier d'un droit de réponse. Mais avant d'en parler, je tiens à vous faire écouter la chronique de Mme Aram Sophia sur France Inter, ce matin:
Je la trouve tout bonnement savoureuse. Pour ceux qui n'auraient pas l'occasion d'écouter, voici ce qui est dit dans la seconde partie:
«A part Sophie de Menthon et quelques gourdasses se
plaisant dans leur rôle de teckel manucuré, la plupart des femmes n'ose même
plus croiser le regard d'un mec dans un train, de peur que celui-ci en déduise
qu'il s'agit d'une invitation non révocable pour aller se faire attraper dans
les toilettes. C'est dingue non?! C'est un peu comme la main aux fesses. Dans le cadre
d'une envie commune, se faire peloter les fesses, c'est formidable, je vous
assure! Mais dans la rue ou dans le métro et sans aucune autre forme de procès,
c'est une atteinte à son intégrité physique. Pour s'en rendre compte, il faut
imaginer toutes les femmes se mettant à faire des chatbites à tous les mecs qui
leur plaisent dans la rue ou dans les transports en commun. Mais, entendons-nous bien: l'idée n'est pas de tuer dans
l'oeuf toute tentative de séduction ou de drague... Du moment que ça se passe
dans le cadre d'une relation équilibrée, consentie et réciproque. Mais
certainement dans une relation inégalitaire dans laquelle un homme rabaisse une
femme au niveau d'un clébard que l'on siffle pour lui demander de revenir aux
pieds de son maître. Alors, même s'ils semblent loin, les temps préhistoriques
où la femme ne pouvait se pencher pour trouver de l'eau dans la rivière sans
qu'un abruti ne l'attrape par derrière; alors il est urgent de rappeler à
Sophie de Menthon, qu'avec un viol toutes les 8 minutes en France, il serait
temps de refuser d'être traitées comme des chiennes. »
Nous sommes donc le 20 avril et Mme de Menthon publie une tribune sur le blog du Huffington Post en guise de réponse à la vague outrée, parfois injurieuse et souvent choquée des internautes. Etant une chieuse accomplie, bien évidemment que je vais me faire plaisir en la décortiquant....
« Mais parce que ces situations ne sont ni identiques, ni équivalentes, il m'a paru utile de relativiser ces menaces bien réelles ne serait-ce justement que pour protéger, punir, et distinguer ce qui relève du harcèlement de ce qui constitue le quotidien des rapports hommes-femmes aujourd'hui et depuis des siècles au pays de l'amour courtois. »
De fait, aucune histoire, aucun ressenti n'est identique. Mais quelle est l'utilité de relativiser? Par rapport à quoi? Genre, tu t'es pas faite violer, soit contente? Genre, tu t'es pas fait traitée de sal*pe, soit contente?
Ah non, pardon... C'est que siffler une femme comme on siffle un chien (ou que l'on a siffler des esclaves, hein) ou un autre animal, c'est... le quotidien des rapports hommes-femmes. C'est juste... normal.
« Déclarer une guerre des sexes sans nuance me semble dangereux et improductif, or la lutte des classes devient la lutte des sexes. Faut-il inclure la "drague" même pénible dans ce qui peut être assimilé à une forme de délinquance et d'agression caractérisée?»
J'ai personnellement très peur de sa définition de la guerre des sexes sans nuance.... surtout ajoutée à la lutte des classes qui passe en version 2.0... un peu comme un Salamèche devient un Dracofeu après quelques levels.
Quand la lutte des classes devient la lutte des sexes...
Je crois que Mme de Menthon oublie que l'inégalité des sexes avec son lot de violence date non pas de notre adoré Marxounet mais de bien plus tôt. Je crois aussi qu'elle commet un péché d'arrogance et de suffisance de croire que la lutte contre les inégalités des sexes n'est qu'une affaire de classe. Un peu comme si ce n'était que le problème de ces p*tains de prolo qui font ch*er le monde de Mme de Menthon.
« Mais seulement dire que les hommes ne sont pas tous des délinquants sexuels ni des pervers agressifs, que non, ils ne traitent pas tous les femmes de "sale pute" si on ne leur répond pas... »
Ah mais non, hein. On le sait que tous les hommes ne sont pas des méchants. Sauf que ceux qui sont pas méchants... Bah on les voit pas. #NoAmalgame crie Mme de Menthon! Pour un peu, elle nous pousserait à devoir nous justifier et faire des panneaux comme le #NotInMyName! Bah ouais, quitte à pousser dans le cliché...
De fait, elle oublie un principe de base: c'est parce qu'ils sont toujours visibles que l'on parle des extrêmes, c'est parce que l'on ne sait pas comment les qualifier qu'on les affuble des termes génériques... Pas parce que l'on pense que homme = b*te sur patte.
« Pour que nous nous rappelions aussi que le badinage est un charme français conquis de haute lutte! Rappeler que les Françaises savent sourire à celui qui à la terrasse d'un café suit une fille des yeux et la siffle, admiratif... Non ! il ne s'agissait en aucun cas de nier ce que subissent certaines, nombreuses, dans les transports en commun ou ailleurs. »
#NoAmalgame beugle Gudule avant d'aller se taper la tête contre un mur de béton armé et clouté. La Française est en droit de ne pas avoir envie de sourire à l'homme qui se permet de la siffler, elle est en droit de se sentir dérangée, mal à l'aise, perturbée.
Et même si c'est une tradition française que de badiner! Nous ne sommes plus dans les années 50, Mme de Menthon. Aujourd'hui, le badinage devient rapidement infiniment plus dangereux que quand vous même étiez une jeune femme (ouais j'attaque sur l'âge, j'avoue, c'est mesquin). Aujourd'hui, le badinage qui, à la base, est gentillet, devient rapidement et très facilement une levrette dans les toilettes publiques avec un crachat comme lubrifiant... (classe Gudule, très classe)
« Le fait de me faire insulter pour ce blasphème consistant à ne pas considérer que toute réflexion, tout sourire, tout compliment, toute tentative d'entrer en contact avec une femme est en soi une agression pure et simple, est infiniment plus inquiétant que tout le reste. »
Voilà où le bât blesse. C'est que Mme de Menthon ne semble pas capter, du haut de sa haute place dans la société, que justement... Ce ne sont pas des tentatives d'entrer en contact. Si elle estime qu'un sifflement est une tentative adéquate pour entrer en contact avec un autre être humain, qu'elle essaie et nous prouve par A+B combien elle est magnifiquement bien reçue.
Mme de Menthon semble partir du principe que (attention, j'extrapole) parce que l'on est une femme, on est fatalement consentante à ce qu'un inconnu fasse irruption dans notre espace personnel, de quelle que manière que ce soit.
Non, non, non et non! B*rdel! Les femmes ont le droit de ne pas être consentante pour qu'on les juge, qu'on les siffle, qu'on les aborde sur le seul et unique principe qu'elles excitent popol!
Dernière chose, il est bien plus grave pour Mme de Menthon d'avoir été insultée pour ces simples considérations. Simples considérations... A-t-elle un seul instant songé à se mettre à la place d'une femme du bas peuple? A-t-elle un seul instant réellement réfléchi à ce qu'elle avait écrit? Visiblement, non.
« Sachant qu'au préalable je n'ai pas le droit d'émettre une opinion personnelle parce que je suis "privilégiée", "parce que je n'habite pas en banlieue", "parce que je suis bourgeoise", le seul racisme encouragé ! »
Je ne nie à personne le droit de parler ou de donner une opinion. Mais quand on n'y connaît rien et que l'on fait une bourde monumentale comme celle-là, la moindre des choses, c'est d'éviter la réaction outrée de diva, de réfléchir et de faire un méa culpa.
Caliméro...
D'ailleurs, on notera l'utilisation du terme racisme... Vais-je devoir lui donner une coquille d'oeuf pour pouvoir participer à la grande course annuelle de la victimisation? Racisme... Le mot aussi casse gueule que Hitler, Nazi ou autre... Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit: je dis simplement qu'on sort racisme comme un arbre cachant la forêt. Avec le mot racisme, on s'assure de faire taire tout le monde parce que quiconque n'étant pas de votre avis ou continuant à dire que vous ne savez visiblement pas de quoi vous parlez est un raciste. Et dans le monde d'aujourd'hui, il y a rien de pire.
En même temps, Mme de Menthon, vous vous attendiez à quoi? C'est de la lutte des classes qu'il s'agit! Ah non, pardon, de la lutte des sexes!
« Les hommes sont des loups pour la femme aujourd'hui en France dans les transports en commun. Une nouvelle peur collective est en train de naître immédiatement alimentée pour être soignée à coup de loi. Pour un vrai sujet, indéniable, on va inventer des solutions à énumérer au 20h. Les médias se sont jettés sur ce tweet et les "témoignages", jusqu'à en faire "la tendance du jour". Aucune place pour la mesure, l'interrogation, la réflexion, les causes, l'analyse et le discernement. »
Voyons, Mme de Menthon, aucune fausse pudeur: vous avez exactement atteint ce que vous vouliez: un coup de pub.
Une nouvelle peur? Pardon? Ah ouais... En fait, le harcèlement dans la rue, il est apparu la semaine dernière, comme ça, respawnant comme un boss dans Wow ou Lol. Un matin, toutes les femmes se sont connectées sur leur réseau central (en LAN, hein parce que les femmes, ça connaît pas encore internet) et ont décidé de créer le prochain concept à la monde: le harcèlement de rue! Tutafé! C'est un complot utéro-vaginoçonnique.
C'est vrai que ce n'est pas un vrai sujet... Alors, c'est quoi un vrai sujet? Noterais-je l'usage des guillemets méprisants pour le terme témoignage? Répondrais-je que cela fait des années que des féministes s'interrogent? J'en veux pour exemple le Projet Crocodile...
Par contre, je savoure l'irone de voir que l'on réclame la réflexion, les causes, l'analyse et le discernement quand on n'en pas fait preuve. Un peu comme aller se planquer dans un transformateur électrique sans songer une seule seconde que l'on risque de finir comme un steak grillé et qu'ensuite, on va aller se plaindre que d'autres ont manqué de discernement...
« Les "chiennes de garde" se sont comportées en chiennes de garde, trop contentes d'avoir à déchiqueter une des leurs, totalement incorrecte, plutôt normale, acceptant le regard des hommes qui fait partie de la vie, inquiète parfois, moins que celles certainement qui sont plus exposées et qu'il convient de protéger »
Je note la référence aux Chiennes de Garde, ce collectif féministe et assez extrême dans ses actions et propos. En résumé, toutes celles qui ont osé protester contre les propos de Mme de Menthon, sont assimilées de facto aux Chiennes de Garde. Pas de ce fameux discernement, d'analyse, de réflexion, des causes... Pas la moindre pensée sur le fait que si on réagit aussi vivement, c'est parce que Mme de Menthon ressert le discours sociétal et normé! Ca va lui faire plaise ça, d'être normale.
D'ailleurs, soulignons le plutôt sympa de se faire siffler et la référence à des chiennes... #jesuisunechienne
Et non, Mme de Menthon, vous n'êtes pas l'une des nôtres. Vous partagez notre genre mais vous ne partagez, en aucun cas, notre combat, nos peines, nos peurs, notre vie. Vous estimez que le regard des hommes est normal. Pas nous.
Ne faites surtout pas appel à la solidarité féminine quand vous êtes incapable d'en faire preuve!
« Oui, je ne souhaite pas accepter une époque qui se délite avec gourmandise, se sur-protège à coup de juridisme et considère, comme le fait la ministre, qu'un sifflement est une agression caractérisée. Je ne le pense pas, j'ai le droit de ne pas le penser, j'ai le doit de dire que je trouve terrifiant que dans les médias ou ailleurs, personne n'ait le "courage" (car cela finit par en être un) de ne pas enfourcher immédiatement et à tout propos le cheval de la victimisation suivi d'un char de répressions, si possible financières. »
Dois-je déduire de ces mots que les femmes sont sur-protégées par la loi? Dois-je dire qu'elle-même n'a pas le courage de ne pas enfourcher l'étalon délicieux de la victimisation?
En fait... Oui, je le dois.
Aujourd'hui, par exemple, il est clairement établit que les chiffres du viol (masculin et féminin) sont largement sous-représentatifs de la réalité. Parce que les victimes ont peur, ne sont pas soutenues, se retrouvent face à des procès où leur agresseur finissent libres, sans aucun souci. Le nombre de personnes victimes de violences conjugales ou sexuelles par an est estimé à 216 000 en 2014 ce qui fait environ 592 victimes par jour et il n'y a que 16% des victimes qui portent plainte! Alors au temps pour la victimisation et la sur-protection, hein.
Dans l'avis du Haut Conseil de l'Egalité, qui n'a probablement pas été lu par Mme de Menthon, il n'est pas question de répression mais de communication et d'éducation. Les sanctions légales qui sont mentionnées font déjà parties de l'arsenal législatif français.
« Oui, Je refuse que la drague soit tarifée si l'agression commence au sifflement! Je refuse que les femmes ne puissent plus être un certain "objet du désir", et je refuse la contradiction absolue qui menace notre civilisation, c'est a dire que le porno devienne un mode de vie et que parallèlement on développe une censure et une pudibonderie de la pensée. Je récuse le fait que les femmes soient des hommes comme les autres et n'affichent pas leurs différences, même et surtout si elles doivent avoir strictement les mêmes chances. »
Toujours dans l'avis du Haut Conseil de l'Egalité, le sifflement n'est pas considéré comme une agression mais comme du harcèlement.
Les femmes peuvent être un objet de désir mais ont le droit de ne pas vouloir l'être, ont le droit de ne pas vouloir qu'on les réduise à une paire de seins, un vagin et une paire de fesses!
Et évidemment, on arrive au porno, le satan de notre société actuelle (parce que satan l'habite... je serai fouettée pour cette blague pourrie). C'est vrai que le porno explique tout: les problèmes d'éducation, la stupidité, la télé-réalité, Ebola, la crise... avec un peu de chance, ça expliquerait même Booba... na là je me trompe de problème...
Les femmes ont le droit d'être différentes et, de fait, elles le sont. Mais cette différence ne doit pas les mettre au même rang qu'un enfant de choeur dans un Conclave au Vatican (désolée, mais les Chrétiens sont encore les seuls sur lesquels ont peut rire sans se faire taper dessus...).
« Alors, j'ai eu honte, honte pour ceux qui font de mon pays un pays bi-polaire, interdisant toute divergence ou toute nuance exprimée. Une censure émotionnelle et intellectuelle.
Juste, parce que je trouve" plutôt sympa de se faire siffler dans la rue", j'ai cautionné le viol, les agressions, les injures et le harcèlement. Le discernement devient un droit de l'Homme gravement menacé. »
Personnellement, j'ai eut honte d'être une femme quand j'ai lu votre tweet, Mme de Menthon. Honte de faire partie de cette classe de la population qui a pour seul intérêt aux yeux de la majorité, dont vous faites partie, d'être un vagin et un objet sexuel. J'ai eut honte de devoir vous savoir sur les mêmes rangs que moi.
En fait, non. J'ai été en colère. Je suis toujours en colère. Parce que je ne comprends pas votre discours bien plus bi-polaire que moi. Vous avez eut honte pour moi, Mme de Menthon? Sachez que c'est réciproque. La honte ne m'appartient pas. Que ce soit en tant que femme, que victime de harcèlement et d'agression sexuelle, que féministe patentée. C'est votre honte, Mme de Menthon. Vous êtes la voix de tous ceux qui crachent sur les femmes et celles qui se battent tous les jours pour être reconnues à l'égal des hommes.
Vous vous sentez censurée émotionnellement et intellectuellement? Sachez que vous censurez aussi la voix des victimes, toutes celles et tous ceux, qui font les frais de sifflements plutôt sympas. Parce ce que, ce que vous ne savez probablement pas, c'est que cela ne s'arrête jamais aux sifflements. Soyez honnête, Mme de Menthon, au moins avec vous-même sinon avec nous toutes. J'entends par "nous" celles et ceux qui se sont senti(e)s insulté(e)s et blessé(e)s par votre manque de discernement, ce fameux droit de l'Homme dont vous manquez terriblement.
Oui, les réactions ont été violentes à votre encontre. Mais... quand on voit le mépris affiché dont vous vous parez et vous êtes parée, je pense qu'il convient de se demander où l'insulte à commencé. C'est puéril, oui, mais après tout, ce n'est pas moi qui ait utilisé le fameux guerre des sexes... Vous faites partie de l'ennemi, Mme de Menthon, assumez-le.
Pour votre réflexion personnelle:
« On
voit la paille dans l'oeil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien. »
Habituellement, je mets une citation pour entamer mes articles. Bah au final, j'me dis que Mme de Menthon se suffit à elle-même, venant d'entrer dans l'histoire des personnes vivant au pays des bisounours.
Pour le petit détail, Mme de Menthon est déjà connu pour un moment de délicatesse à la gloire de l'Humanité, au sujet de l'affaire opposant Dominique Strass Khan et Nafissatou Diallo:
« Tu veux que je sois politiquement totalement incorrecte ? [...] Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux » (petite délicatesse lâchée sur l'antenne de RMC en 2013)
Cette nouvelle perle intervient le jour de la remise d'un rapport intitulé « avis relatif au harcèlement sexiste et aux violences sexuelles dans les transports en commun » et remis à la Secrétaire d'Etat chargée des Droit des Femmes. Ce dernier spécifie que « 100% des utilisatrices de transports en commun ont subi au moins une fois dans leur vie du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle ». Ce qui, on en conviendra, a de quoi choquer.
Donc voilà, Mme de Menthon déclare officiellement la chasse à la gonzesse à coup de sifflets. Et par la même occasion, vient de cracher aux visages des femmes qui, comme moi, attirent les relous comme les mouches sont attirées par le miel. Elle fait clairement le jeu de ceux qui pensent que c'est quelque chose de normal, de flatteur et que ces foutues gonzesses devraient être honorées d'être ainsi interpellées par le mâââââââle.
Dans la foulée, le hashtag #plutotsympa a été lancé et les témoignages affluent (y compris le mien) tout en étant soulignés par une question:
Mme de Menthon prend-elle vraiment les transports en commun, seule?
Les gens ont le droit de savoir!
Moi ce qui me pose souci, c'est que c'est juste typique de nos politiques (ou ceux qui pensent devoir/vouloir en faire), patrons (Mme de Menthon est Présidente d'ETHIC, organisation patronale, membre du Conseil économique, social et environnemental) et autres élites qui ne savent même pas ce que vivent au quotidien les péons qui sont derrière eux. Et ça, je trouve cela pathétique.
A moins, que ce soit pour encore fait parler d'elle... Et ça a sacrément bien fonctionné.
Bon aller, quelques extraits des tweets.
Regard lubrique, souffle dans son cou, pression insistante sur la fesse. C'est vrai que c'est #plutôtsympa le métro quand on est une fille.
— Laura (@LauraStuff) 16 Avril 2015
Devoir régulièrement changer de trottoir et baisser les yeux #plutotsympa
— Sabine de Soyres (@sdesoyres) 16 Avril 2015
#plutotsympa d'avoir vu un mec adulte se masturber devant moi quand j'avais 12 ans à peine
— Menstruator (@MaxSteelSnot) 16 Avril 2015
Se déplacer de façon stratégique comme dans Call of duty pour éviter les remarques et gestes déplacés, c'est #plutotsympa ...
— Paule Pretty Needles (@PaulePrettyN) 16 Avril 2015
Evidemment, il y a quelques relous dans les commentaires:
Celui-là, c'est mon préféré. C'est toujours le même. Si vous parvenez à passer la barrière innommable de son orthographe, syntaxe, grammaire plus qu'approximatifs, vous aurez des perles de sexisme et de cliché. Je pourrai en débattre, découper la moindre de ses phrases pour en faire un billet de réponse. Certes, cela m'amuserait beaucoup... mais je crois qu'il se tourne suffisamment au ridicule comme ça.
Ne vous en déplaise, même si je me suis amusée à parler "jupe", on va parler de nouveau d'un sujet que j'ai abordé deux fois: le harcèlement de rue.
Parce que l'on ne change pas une équipe qui gagne et que finalement, on a beau en parler... bah on se rend compte que les neurones de la population sont majoritairement partis en RTT.
Il y a quelques heures, le collectif Stop Harcèlement de rue a posté une idée d'affiche à soumettre à la RATP:
On voit donc deux personnages dans l'un des (trop) nombreux métros (vétustes) de la RATP.
Clairement, une femme est un homme. Ce dernier va poser sa main sur la cuisse de la jeune femme qui semble soit terrorisée, soit en larmes (Gudule hésite)... toujours est-il qu'elle est clairement pas d'accord.
L'homme est anonymé grâce à la tête de crocodile (on notera la référence au Projet Crocodile).
On note une référence à la loi. En trifouillant sur Légifrance, j'avoue ne pas avoir trouvé la référence de ce rappel. En revanche, j'ai retrouvé l'article 222-33 du Code Pénal qui encadre et défini le harcèlement sexuel:
I. - Le harcèlement sexuel est le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. II. - Est assimilé au harcèlement sexuel le fait, même non répété, d'user de toute forme de pression grave dans le but réel ou apparent d'obtenir un acte de nature sexuelle, que celui-ci soit recherché au profit de l'auteur des faits ou au profit d'un tiers.
Bien que campagne "non-officielle" de la RATP, cette proposition d'affiche a surtout lieu dans le cadre de l'opération anti-relous qui devrait avoir lieu dans les heures - ou jours - à venir. Comme le nom l'indique, l'opération anti-relous est destinée à... bah virer les relous. Ceux qui frottent leurs érections sur tout ce qui a un vagin... Ou celles qui laissent traîner leurs mains sur les postérieurs délicieusement moulés dans un 501.
L'affiche s'inspire aussi de la campagne actuelle de la RATP que je trouve délicieusement savoureuse:
Il y en a d'autres, ceci dit. Je vous invite à aller les visionner.
Mais voilà, si l'initiative est carrément bonne, les commentaires eux... Me laissent sincèrement... dubitative:
Personnellement, je n'ai toujours pas saisi ses arguments à cette personne... Un clivage des sexes... Euh ouais, je sais ce que c'est mais je ne vois pas le rapport entre ça et la choucroute de Marie Chantal. Evidemment, j'suis allée mettre mon grain de sel parce que j'aime bien comprendre quand on essaie d'avoir un discours argumenté qui n'en est pas un...
La fin.
Pour info, c'est la même personne, le même fil de commentaires...
A mon sens, nous avons un beau phénomène de paternaliste qui s'ignore. Un « discours moralisateur sexiste à l'égard des hommes »: je suis certaine que tous ceux qui se retrouvent à devoir ignorer l'érection ou les mains baladeuses ou le regard ou la bave sont certainement la source du problème... Il est clair aussi que c'est la faute « des gens qui imposent des choses à d'autres et ne veulent pas en assumer la responsabilité » (j'ai honte, je surinterprète probablement)... Oh oh oh mais n'avons-nous pas un relent de slutshaming là?
On passera outre le fait qu'il ne sait pas reconnaître le sarcasme quand il en voit un... Parce que les chiffres, c'est pas 90% des agressions/harcèlements sexuels qui sont faits par des hommes. C'est moins. Il a d'ailleurs besoin d'aller se renseigner un peu parce que c'était bien avant le 19ème siècle que l'on accusait les femmes d'être responsables de leur viol.
Revenons au « comportements sociétaux désuets » (ouais en même temps, je corrige les fautes de syntaxe): il parle de "comportement respectueux". Personnellement, j'en suis toujours à me demander ce qu'est un comportement respectueux pour cette personne... Je doute aussi qu'il fasse partie de ceux qui prennent la défense des personnes à qui il arrive problème.
Ah la question de la jupe. Parce que celle qui a été prise en photo (Alice donc) était en jupe... Fatalement, c'est pas un shooting pro avec des pro de la pub et du marketing. Mais fatalement, the jupe (ouais ouais ouais je sais que jupe c'est skirt en anglish). 185 personnes ont aimé ce commentaire. 186 avec l'auteur. Donc... On en déduit que pour 186 personnes, le message essentiel c'est que la fille est en jupe alors que les agressions ont autant lieu en jupe ou en pantalon.
En fait, non. Si j'en crois mon expérience personnelle, j'ai toujours plus de soucis quand je suis en jupe ou en robe que si je porte mes jeans informes. C'bizarre hein... J'crois qu'il y a un truc au niveau du cerveau de certain(e)s qui dit: JUPE = BONNE A BAISER... De là, à en tirer un lien de cause à effet... faudrait appeler tonton Godwin pour une consultation.
Evidemment que j'ai autant de risque de me faire agresser si je porte une jupe ou si je porte en pantalon. Dans la théorie. Dans la pratique, nous sommes toujours au temps des idiots consanguins qui pensent qu'une jupe donne un accès direct à la mangrove.
Dernière chose qui a tendance à m'agacer, c'est ça:
C'est cette course à la victimisation. Ça fait très genre: « Ouiiiiiiiiiiiiiiinnnnn, l'autre-là, il m'a pas mit au-devant de la scène pour pouvoir dire que moi aussi je me fais agresser. Alors du coup, j'veux mon affiche parce que j'suis une plus grosse victime... »
Que les choses soient claires: je suis pour les droits LGTB. Mais punaise, pleurer dès qu'on parle de quelque chose... C'est comme si je venais pour dire: « ouiiiiiiiiiiiiiin, pourquoi la dame elle est toute maigre, blonde aux yeux bleus? ». Alors que je suis ronde, blonde foncée aux yeux verts?
Peut-être parce que j'ai pas besoin de venir chouiner comme un saule pleureur... parce que je comprends le message et que je sais que pour sensibiliser le plus grand monde, faut taper dans le cliché.
C'est con, mais c'est comme ça.
(et puis zut, quand on vient pleurer, au moins on se renseigne sur les gens avant..)
Ou comment parler des règles et leur tralala sans en avoir l'air...
En rose pétant le titre pour que ce soit girly
« Femmes, c'est vous qui tenez entre vos mains le salut du monde. »
de Léon Tolstoï
Au tout début de Gudule, j'avais déjà évoqué la WomanTax. Pour ceux qui ne s'en souviennent plus, il s'agit du concept selon lequel les produits féminins sont plus chers pour X ou Y raison. Le produit a beau être le même pour les hommes que pour les femmes, c'est quand même plus cher pour ces dernières.
Voilà ce que l'on appelle la Woman Tax ou la Taxe Rose (quand on a envie de bien agacer le monde en francisant tous les termes possibles).
Il y a quelques temps, le gouvernement a augmenté la TVA. La faisant passer de 19,6% à 20% (entre autre) sauf pour les produits de vendus comme étant de première nécessité qui sont passé à 5,5%. Voici leur liste actuelle:
-L'eau et les boissons non alcooliques ainsi que produits destinés à l'alimentation humaine sauf: produits de confiserie, chocolat et tous les produits contenant du chocolat ou du cacao (le chocolat, le chocolat de ménage au lait, les bonbons de chocolat, les fèves de cacao et le beurre de cacao sont admis au taux de 5.5%), les margarines et graisses végétales, le caviar
-Les appareillages, équipements et matériels suivants: pour handicapés (selon conditions), équipement spéciaux (aides techniques et autres appareillages), autopiqueurs et apparreils pour lecture automatique de la glycémie, seringues à insuline, stylos injecteurs, bandelettes et comprimés pour l'autocontrôle du diabète; appareil de recueil pour incontinents et stomisés digestifs et urinaires, ascenseurs et matéiriels assimiliés spécialement conçus pour les handicapés
-Les livres et leur location
-Les abonnements relatifs aux livraisons d'électricité d'une puissance maximale inférieure ou égale à 36 KA, énergie calorifique, gaz naturel...
-Logement et nourriture dans les maisons de retraites, établissements accueillant des handicapés et des personnes âgées
-Prestations de services exclusivement liées aux gestes essentiels de la vie quotidienne des handicapés ou personnes âgées dépendantes
-Les repas fournit par des prestataires dans les établissements publics ou privés d'enseignement du premier et second degré
-Les spectacles dans les lieux prévus pour, billets de concert dans les lieux où il est servit facultativement des boissons
-Les cessions de droit patrimoniaux portant sur des oeuvres cinématographiques
-Les importations d'ouvres d'art, de collection ou d'antiquité; acquisition intracommunautaires d'oeuvre d'art; livraison d'oeuvres d'art effectuées par leur auteur ou ses ayants droit
-Les droits d'entrée perçus par les organisateurs de réunions sportives
L'on notera, avec un cynisme certain, qu'il est vrai que les oeuvres d'art, le premier clampin au RSA peut s'en acheter tous les 1er du mois tellement c'est pas cher chez le Ptit Arabe du coin...
Bref... Voilà donc que le collectif Georgette Sand a lancé une pétition (enfin, la version de la pétition) demandant au gouvernement (ou du moins à son représentant à Bercy) d'avoir l'amabilité de songer aux vagins sur pattes qui n'ont pas le choix que d'avoir leurs règles et d'utiliser des protections, quelles qu'elles soient.
Parce que notons le bien: les protections périodiques sont taxées à 20% (comme le caviar, wsh!) alors que la fameuse boisson pétillante à l'étiquette rouge ne l'est qu'à 5.5! Faut dire que cette dernière est juste trop pratique pour détartrer les toilettes ou la bouilloire! Les règles des femmes, c'est pas comme des oeuvres d'art, c'est trop inutile... (même s'il y en a qui en font des cookies... véridique!).
Quand on voit combien coûte une boîte de tampons, de serviettes... la dizaine d'euro qui part à chaque mois (selon la durée et l'intensité des règles)... Cela revient très vite très cher quand on a un budget hyper serré. Une journaliste anglaise a fait le calcul suivant:
« En moyenne, une femme utilise et jette 11 000 tampons durant sa vie. Dans mon supermarché Tesco, une boîte de vingt Tampax coûte 3,14 livres [soit 4,25 euros, ndlr]. Quelqu’un qui touche le salaire minimum devra dans sa vie travailler 38 jours à temps plein pour couvrir cette dépense. » (Source)
Alors, avant que ça beugle: oui, il existe des solutions "autres" que les tampons et les serviettes. Il s'agit de la coupe menstruelle (pour la plus célèbre) dont je parlerai peut être un jour.
Déjà, la coupe est aussi taxée à 20% et puis... il y a des personnes qui ne peuvent pas exécuter la manœuvre nécessaire au placement et au retrait d'un tel dispositif.
Georgette Sand a donc lancé une pétition pour que la législation évolue. Evidemment, j'invite tout le monde à aller la signer!
J'ai plein d'idée de sous-titres pour désigner l'article...
Je cherchais un truc sympa... pour éclairer un peu
Partie un: les bases.
Parce que j'aime bien faire des articles en plusieurs parties.
Kézako?
Qui n'a jamais entendu, de la part de quelqu'un de son entourage ou même venant de sa propre bouche un:
« T'as vu comme elle est fringuée? Qu'elle se plaigne pas de se faire violer. »
La question de la longueur de la jupe
Basiquement, c'est ça, le « slut-shaming » (ou en français: « l'humiliation des salopes »). Concept inventé sur le continent Américain et qui prend englobe un bon nombre de concept dont la finalité profonde est d'entretenir l'idée que le sexe est dégradant pour la femme (qu'il soit consentit ou non, c'est pas la question, hein?). Cela sous-entend donc de culpabiliser la femme en fonction de son attitude, ses vêtements et ses choix souvent jugés trop ouvertement sexuels.
Des pans entiers de la vie d'une femme sont pris en compte (même si les critères qui font d'une femme une salope sont inhérents à l'éducation ainsi qu'aux valeurs des personnes "bien pensantes"): vêtements, attitude générale, choix (métier, avortement...), maquillage, sexualité...
La profondeur du décolleté
La hauteur de talons
Les personnes se rendant "coupables" de slut-shaming s'estiment dans leur bon droit. En elle-même, l'expression est surtout utilisée pour dénoncer cette humiliation et cette culpabilisation qui réduisent les femmes au silence et expliquent le viol ou toute agression. Elle a été démocratisée à l'occasion des SlutWalks de 2011 grâce à leurs instigatrices: Sonya Barnett et Heather Jarvis.
Voici deux vidéos de l'une de mes déesses sur terre: Laci Green:
Que dit la loi?
Définition du viol:
Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. (Code Pénal - Article 222-23)
Définition de l'agression sexuelle:
Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. Le viol et les autres agressions sexuelles sont constitués lorsqu'ils ont été imposés à la victime dans les circonstances prévues par la présente section, quelle que soit la nature des relations existant entre l'agresseur et sa victime, y compris s'ils sont unis par les liens du mariage. (Code Pénal - Article 222-22)
En clair: Le viol se distingue de l'agression sexuelle notamment par la pénétration sexuelle qu'elle soit vaginale, anale ou oral via un phallus, des doigts ou des objets... c'est la notion de "pénétrant et pénétré".
Les agressions sexuelles, en résumé, désignent le reste. Ce n'est pas expressément défini dans le Code Pénal mais cela regroupe (entre autre): attouchements, masturbation imposée, visionnage pornographique, exhibition sexuelle, bizutage, harcèlement... Que l'agresseur l'impose à sa victime ou qu'il impose à sa victime d'agir par un biais ou un autre.
A noter que dans le cas où un homme se fait violer par une femme qui l'oblige à la pénétrer, ce n'est pas un viol aux yeux de la loi mais une agression sexuelle.
Et la culture du viol?
La culture du viol est un concept qui vise à expliquer un viol ou une agression à l'encontre d'une Femme et ainsi, éliminer le concept même du viol puisqu'il existera toujours.. Plusieurs critères sont alors donnés pour justifier de tels actes: société, culture... Il est aussi question de minimiser les impacts du viol ou d'une agression sur une Femme (surtout le viol), de blâmer la victime (on revient au slut-shaming), nier le non consentement et mettre des obstacles quand à la dénonciation.
Petite vidéo très bien faite pour expliquer plus en détail:
L'exemple typique qui me vient à l'esprit lorsque l'on parle de la culture du viol est celui du viol conjugal. Ce dernier sort peu à peu du silence car à quelque part, c'est un peu "le parent pauvre" du viol. Il est communément admis que le viol conjugal entre dans le cercle des violences conjugales néanmoins, pour beaucoup de personnes (et d'Etats) le viol conjugal n'existe pas. La raison est simple et elle s'appelle le devoir conjugal, phénomène sociétal qui sert encore bien souvent de jurisprudence d'un point de vue légal et de bouclier d'un point de vue norme.
Par exemple, en France, il a fallu attendre 2010 pour que la relation conjugale ne serve plus du tout d'excuse à une relation non consentie. Depuis 2006, c'est même une circonstance aggravante.
L'étude de 2006 du secrétaire général de l'ONU sur la violence à l’égard des femmes dit (page 118) : « Le viol conjugal peut faire l’objet de poursuites dans au moins 104 États. Trente-deux d’entre eux ont fait du viol [conjugal] une infraction pénale spécifique tandis que les 74 autres n’exonèrent pas le viol conjugal des dispositions générales concernant le viol. Le viol conjugal n’est pas une infraction passible de poursuites judiciaires dans au moins 53 États. Quatre États ont érigé le viol conjugal en infraction seulement lorsque les conjoints sont séparés de corps. Quatre États envisagent d’adopter une législation qui permettrait de rendre le viol conjugal passible de poursuites judiciaires » (Source Wikipedia)